Témoignages · Multi-diagnostic
« Faire écrire ma biographie, c'était me rendre justice »
Nadia, TDAH, HPI et HPE, diagnostiquée par étapes
Pendant 35 ans, j'ai cru que j'étais juste compliquée. En posant tout ça par écrit, j'ai compris que j'étais simplement complète.
« Aucune étiquette ne suffisait à me dire »
À 29 ans, premier diagnostic : HPI. Soulagement immense. Pendant quelques mois, tout s’explique. Puis quelque chose résiste : le diagnostic HPI ne rend pas compte de son intensité émotionnelle, de ses crises d’absorption sensorielle, de son rapport au temps. Elle continue à se sentir incomplète, comme si le mot « HPI » avait éclairé une pièce mais laissé les autres dans le noir.
À 33 ans, après un effondrement professionnel, deuxième diagnostic : TDAH. Là encore, un puzzle se complète — la procrastination intense, l’hyperfocus, l’impulsivité, la fatigue. Mais une autre dimension reste encore inexpliquée : son hypersensibilité, son empathie qui la vide en heures, ses émotions qui débordent. Ce n’est qu’à 36 ans, accompagnée d’une thérapeute spécialisée, qu’elle ajoute le HPE à son tableau. « Trois diagnostics, trois pièces de moi enfin nommées. Mais aussi trois prises de conscience que les choses étaient encore plus complexes que je ne l’avais imaginé. »
Une réalité méconnue
Beaucoup de personnes neuro-atypiques cumulent plusieurs profils — TDAH+HPI, TDAH+TSA, HPI+HPE, et bien d’autres combinaisons. Cette combinaison n’est pas une addition simple : elle crée un mode de fonctionnement unique qui ne se réduit à aucune des étiquettes prises isolément. Beaucoup mettent des années à découvrir toutes leurs facettes.
« Pourquoi j'avais besoin d'écrire ma biographie »
Après le troisième diagnostic, Nadia traverse une période difficile. Elle a maintenant les mots, mais ils sont éclatés en plusieurs registres. Et personne ne lui propose de cadre pour les relier. C’est là qu’elle pense à la biographie.
« Une thérapie ne suffisait pas »
« Je voulais qu'une professionnelle m'aide »
« J’ai essayé d’écrire seule. Plusieurs fois. Je n’y arrivais pas. Parce que ma pensée part dans tous les sens, et qu’écrire seule, c’est suivre ses propres chemins sans avoir personne pour nous ramener. J’avais besoin d’une professionnelle qui pose des questions, qui structure, qui sache où on en est. Et qui comprenne la neurodivergence pour ne pas me ramener à des cases trop étroites. C’était précis comme demande. »
« Trouver la bonne biographe a pris du temps »
« J’ai eu trois échanges découverte avec trois biographes différentes avant de trouver la bonne. Les deux premières étaient gentilles, professionnelles, mais elles ne connaissaient pas vraiment la neurodivergence. Elles avaient lu, mais elles n’avaient pas l’intuition. La troisième, dès la première phrase, j’ai senti la différence. Elle savait. Pas de quoi je parlais — qui j’étais. Le projet a démarré dans la foulée. »
« Ce que la biographie m'a permis de comprendre »
Quinze mois après la livraison de son livre, Nadia fait un bilan qui mérite d’être partagé tel quel. Elle insiste sur le fait que ce qu’elle a découvert n’est pas tant le contenu de sa propre vie — qu’elle connaissait — que la forme que tout ça pouvait prendre.
Ce que le travail biographique lui a permis :
- « De relier mes trois diagnostics en une seule cohérence — au lieu de me sentir en kit »
- « De voir comment mes trois facettes ont coopéré toute ma vie, même quand je ne savais pas qu'elles existaient »
- « De pardonner à mes parents qui n'ont rien vu, parce qu'on ne pouvait pas voir à l'époque »
- « De pardonner à mes ex qui n'ont pas su rester — c'était plus complexe que ce qu'on savait gérer »
- « De me pardonner à moi, surtout, d'avoir mis 35 ans à comprendre — je ne pouvais pas comprendre plus tôt »
- « De relire ma vie comme une histoire qui avait un sens, et plus comme un chaos qui me dépassait »
Faire écrire ma biographie, c'était me rendre justice. À la petite fille que j'avais été. À la jeune femme qui s'était cherchée. À l'adulte que je suis devenue malgré tout — et grâce à tout.
Et toi, si tu as plusieurs facettes, est-ce qu'elles attendent d'être reliées ?
Si tu te reconnais dans ce parcours en plusieurs étiquettes, sache que le travail biographique peut précisément offrir ce que ni la thérapie ni la lecture seule ne permettent : un cadre pour relier l’ensemble de tes facettes en une cohérence unique. Pas pour les fondre — pour les laisser exister chacune tout en montrant comment, ensemble, elles dessinent qui tu es. Et c’est, pour beaucoup, l’expérience la plus réparatrice qu’une vie puisse offrir.
*Le prénom a été modifié. Témoignage partagé avec l’accord de la personne concernée.
Ton histoire mérite d'être racontée
Atypie Biographie accompagne les personnes neuro-atypiques dans l’écriture de leur récit de vie. En visio, depuis chez toi, à ton rythme. Un échange découverte gratuit pour voir si la rencontre fonctionne — sans engagement.

Suivre Atypie Biographie